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Monique Dollé-Lacour
...Bien sûr que le tableau, c’est le contraire d’un rêve... Quelle est
en effet cette matière qui, freinant la lumière, déclenche le monde
visible ? Monique Dollé Lacour développe devant nous une série
d’empreintes intérieures ou s’agit-il de fossiles. Images disparues...
Des vestiges simplement exhumés arrachés à l’oubli par le hasard... ...L’art est ce qui est arraché à la mort. Le regard nous emmène où
nous conduit la musique ou les mots. Derrière les couleurs, plus loin
que dedans, là où se rejoignent angles et torsions, où la dissonance
est mère de tous les rythmes. Le peintre nous signale ce qu’on ne peut pas imaginer sans lui : cet en-nous qui est hors-de-nous.
C’est en quoi Monique Dollé Lacour fait mieux que définir un
itinéraire. Elle creuse l’écart, délivre un espace qui devance la
géométrie, qui accélère l’équilibre et repousse la comparaison, cet
excès de tout qui nous fait face en même temps qu’il n’a plus besoin de
visage. Dominique Grandmont (extraits)
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Monique Dollé-Lacour ou l'errance partagée.
Extraits
Sait-on jamais le destin des signes ? L'art contemporain intègre depuis toujours ces signes étranges, parfois identifiables, parfois sibyllins qui renvoient aux interrogations profondes de l'homme, à ses plus quotidiennes préoccupations. Ils sont l'accompagnement naturel de son combat avec lui-même, combat pour vivre. Traces d'aventures individuelles ou collectives, ils marquent, balisent la longue marche des hésitations, des doutes, des croyances de l'humanité. Ces signes traversent le temps, ignorent les frontières. Ils vont comme de soi sur les oeuvres d'aujourd'hui, où ils prolifèrent. De la caverne à la toile, du désert aux cimaises, ils vont. Ils sont. Chez Monique Dollé-Lacour ils venaient d'Afrique. Magie de la transmutation, du passage, de la capacité à inventer. Ils ont permis l'émergence d'un langage, d'un vocabulaire, d'une écriture spécifique. Ils ne ressemblent à rien, mais restent signes. Par eux, à travers eux Dollé-Lacour suggère un univers de vie, de grouillement, de sauvagerie et de curieux apaisement...
Michel Faucher
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50 x 55 cm 2006
Il y a, chez Dollé-Lacour, une volonté de transcrire les aspects les plus intimes, les plus secrets de la nature, de la matière telle que son regard les capte et son esprit les transforme.De débusquer ces secrets auxquels personne ne pense, ces lieux magiques où l'infiniment petit se manifeste.La puissance du goudron - matière utilisée pour le noir- ajoute au trouble.Ce matériau fort et dense devient léger, aérien s'intègre par miracle dans ce propose ou tout flotte, bouge s'anime. Là se situe la spécificité de l'artiste. Les signes ne témoignent pas. Ils vivent. La multiplicité des ingrédients, leur variété ,ajoutent à cette impression de vie qui se dégagent de l'oeuvre. Le format carré, base de ce travail, impose ses contraintes. L'artiste parait les aimer. Elle y projette non pas des signes, mais les siens. Ceux qui sortent de son imaginaire et qui agitent sa pensée. Ils ne ressemblent à rien, leur accumulation pourtant nous révèle un monde bien particulier où tout paraît familier. Il y a là, comme une similitude avec certainas travaus japonais classiques. L'artiste nous donne à voir des paysages improbables dont seul son esprit maîtrise les complexités. Derrière une fragilité, une douceur apparente, l'oeuvre de Dollé-Lacour nous dit un monde fort, violent et compliqué où le hasard n'a que peu de place, où la vie- organisée et excessive-triomphe.
Michel Faucher
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130 x 130 cm 2006
Ainsi la peinture de Dollé-Lacour se présente souvent à nous avec un point d'équilibre au centre de la toile : centre de composition vide, ou possédant un signe fort qui marque sa présence.Tout autour, comme les bras d'une étoile, s'organisent des points d'infléchissement: une tache de couleur à laquelle répond une griffure, un papier collé, un entrelacs; l'ensemble s'inscrit dans une base carrée, échiquier duel et cosmogonique. Nous pourrions en rester là, surface seule appréhendée, nous rassurant par ces matières bien connues, nous révélant une violence créatrice. Mais que notre regard se pose dans les intervalles où l'air circule et nous voilà happés par le tableau. Les plans se succèdent... Nous sommes dans un labyrinthe visuel où les odeurs et la matière font émerger une autre terre. Dollé-Lacour entre dans le creuset en même temps que les éléments qu'elle a sélectionnés. Les différentes étapes de décantation, de sublimation accomplies, l'essentiel est là. Ce souvenir d'une autre fois se dresse devant nous, vif et brillant, dénominateur commun d'un espace sacré où le propos enfin se dévoile.
Jean-Yves Mesguich
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