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GALERIE BRISSOT

art et communication
Situation dans le site : ACTUALITES & VERNISSAGES » PHOTOGRAPHIE » Estelle Lagarde
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Estelle Lagarde


Si, comme l’écrit Roland Barthes, la photographie est « le théâtre mort de la mort » - ce qui, en un clic, converti le sujet en objet - que dire alors du travail d’Estelle Lagarde sinon qu’il s’efforce de ressusciter les morts par l’art de la mise-en-scène et l’allongement du temps de pose. Réinsufflant au cadavre de l’image le rêve de sa temporalité, Estelle Lagarde ne nous invite pas seulement à pénétrer avec elle dans un monde onirique et diaphane, mais à faire des ruines d’un ancien palace la scène ouverte sur laquelle tout être masqué retrouve, comme par miracle, sa qualité de sujet.



Les œuvres d’Estelle Lagarde nous situent dans un espace intemporel, un point de fuite entre présent, passé, futur ; un temps aoriste au sens grec, indéterminé et indéfini. La photographie est par essence même liée au temps au « ça a été ». Photographier, c’est laisser une trace, immortaliser un moment, une présence, une histoire, une personne qui est chère. Photographier, c’est porter un témoignage à l’éternel et comme le dit Barthes : « une présence immédiate au monde ». Les photographies d’Estelle Lagarde renversent cette conception. Grâce au mouvement et à la captation des fluides, ce n’est plus la présence figée du temps qu’elle saisit mais le hors temps, l’indéterminé, c’est-à-dire la présence continuelle du mouvement et de l’incertitude des heures. Son univers photographique se caractérise par les non-lieux ou plutôt les lieux qui ont eu une vie et se sont transformés, décrépis, mais où la mémoire les transperce et les traverse encore, laissant une atmosphère, une empreinte fluidique indélébile que la photographe arrive à capter grâce à sa sensibilité des espaces, des architectures et à de longs temps de pose.

Dans les photographies d’Estelle Lagarde, les sujets photographiés apparaissent tels des êtres fantomatiques, insaisissables. Comme les lieux, les personnages, souvent la photographe elle-même, se mettent en scène, témoins d’une époque, d’une architecture, fantômes ou spectres que la photographe arrive à percevoir dans les fatras de la déconstruction des murs. La silhouette ondulante des sujets nous montre que ceux-ci ont été et sont le témoignage d’une époque que l’on pourrait croire révolue. Ces univers de déconstruction, ces hors champs sont marqués par une mystérieuse présence occulte.


Dans la série « Contes Sauvages », des visages masqués, emplumés, munis de longs becs phalliques d’oiseaux ou de masques à têtes d’animaux font apparaître les sujets photographiés comme dans une farce, une parodie de l’existence. Tels des fantômes, esprits déguisés, ils apparaissent dans les vastes salles d’un château dont les portes et les fenêtres ont été fermées, et où seuls les murs et les fragments d’une coupole, vestiges d’une décoration ancienne, restent le témoin d’un temps et d’une époque. Nous avons tendance à voir la photographie comme un art du démasquage, la possibilité d’entrevoir la singularité, la faille ou la beauté d’un être de façon parfois plus proche que la réalité. La série « Contes Sauvages », dont les œuvres  « Mascarade » et « Apparences », questionnent cette thématique du masque et renverse cette conception. Ici, la photographe re-masque, les personnages deviennent insaisissables. Les ombres fluides dues à la technique photographique désidentifient les sujets photographiés.


Barthes parle du spectrum de la photographie qui « garde à travers sa racine un rapport au « spectacle » et y ajoute cette chose un peu terrible qu’il y a dans toute photographie : le retour du mort
 1 » Pour Roland Barthes, l’art photographique se rapproche davantage du théâtre que de la peinture : « la photo est comme un théâtre primitif, comme un tableau vivant, la figuration de la face immobile et fardée sous laquelle nous voyons les morts2 . »

Garance Cappatti



Les mises en scène ont été effectuées dans deux bâtiments, un immeuble d’habitation à Paris et un château dans les Yvelines, avec les autorisations respectives nécessaires.

Les photographies,  argentiques, ont été réalisées à la chambre 4X5, les transparences et déplacements sont dûs à une longue exposition pour la majorité des images produites.


 1Roland Barthes, La Chambre claire. Note sur la photographie, Cahiers du cinéma Gallimard, Le Seuil, 1980, p 23 

2Ibid, p 56



 

 
   La Galerie BRISSOT ART CONTEMPORAIN

Bénédicte Chauliac

est heureuse de vous inviter au vernissage de

Estelle Lagarde & Thomas Brissot

L'heure des contes
exposition
7 mai - 10 juin
vernissage
7 mai à partir de 18h
 


Bénédicte Chauliac est heureuse de présenter                                 " Dame des Songes "
                                                                                          
                                                                                                     Estelle Lagarde
                                                                                                     exposition du 3 mars au 7 avril 2012
                                                                                        vernissage le jeudi 8 mars 2012, à partir de 18h



                                                                                
                                                                                   " Clair Obscur " - photo 65 x 68 cm- cadre unique
                                                                                   Tirage argentique traditionnel sur contre-collé aluminium



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Télécharger la revue de presse de l'artiste
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Synopsis de l'exposition

L' élégance des âmes fortes
Estelle Lagarde met en scène le songe; ce lieu ou s'exprime la pensée symbolique
de la vie et de la mort, et son langage universel.
Métaphore de son expérience personnelle écrite dans la « traversée inattendue »qui
raconte avec lucidité son combat contre le cancer, l'oeuvre d' Estelle Lagarde défie l'espacetemps
de corps utopiques – ses fantômes - captés d'un rayon lumineux par son objectif,
toujours photographiés dans des lieux démolis ou désaffectés.
L'image spectaculaire se fait alors dramaturge de l'être vivant entre
illusion et réalité, de l'origine à la survivance, de son enveloppe de chair jusqu'à son
impalpable vérité.
Estelle Lagarde vit et travaille à Paris