Effacer les premières inscriptions, sans que la matière n’en perde la mémoire. Ces superpositions du geste au fil du temps construisent la figure au présent.
Elisabeth Oulès par les tôles froissées et peintes pose devant nous la frontalité de la matière, violente et abrupte dans laquelle la mémoire ouvre l’œuvre.
Chez E. Oulès, du chaos, l’accident fait naître ce qui est. Les tôles broyées sous les tensions de forces intenses, dépassent l’humain dans sa fragilité. Pourtant ce tohu-bohu métallique est maîtrisé , comme la terre sous le pas. Assise titanesque et monumentale, frontalité où le regard se perd, arrêté par le hiératisme de la figure. Le vent des histoires passées a déchiqueté le palais des formes. Il n’en reste que quelques structures verticales et horizontales, dans lesquelles la figure comme en son naos, l’apparition vivante du Dieu à la lumière, prend vie pour intercéder entre les différents plans et donner sa dimension à l’humain.
Le temps n’efface jamais totalement tout, par fines couches de détails il nous construit. E. Oulès donne sens par cette traversée, cette confrontation, et nous décale sur notre chemin pour nous parler de nous.
Stèle blanche au guetteur