La grande rentrée des expositions sur la scène parisienne, peu avant l'ouverture de la Fiac fin Octobre semble porter un coup de projecteur sur le rapport de l'objet à la réalité contemporaine.
Inaugurée fin Septembre au Centre Pompidou à Paris, l'exposition consacrée au sculpteur ARMAN et à son manifeste du « nouveau réalisme »,loin désormais du scandale et de l'écoeurement provoqués par ses amas nauséabonds de détritus contestant ainsi tel son maître à penser Duchamp les délires de la société de consommation, fait réfléchir sur le sens de la décision artistique en son choix du vide ( comme son ami Yves Klein) ou du plein ( accumulation du matériel, répétition du geste).
De l'acte politiquement subversif dans l'utilisation de l'objet manufacturé, émerge peu à peu une philosophie du réalisme spéculatif en valeur intrinsèque de l'objet.
Ainsi le Palais de Tokyo expose ce jeudi 7 Octobre l'artiste suisse d'origine, élevée aux U.S.A, Prix Lafayette 2010, CAROL DOVE. Elle présente sous le titre de la « Traversée difficile » une redéfinition de l'objet perçu comme une histoire, une mémoire du monde minéral, végétal composant avec les matériaux industriels. Son pari artistique relève d'une esthétique de l' hétérogène à l'appui d'une pensée des possibles métamorphoses. Sa vision ouvre un champ de perspectives nouvelles dans notre rapport de la réalité de l'objet dans une mobilité toute métaphysique.
Parallèlement à ces deux expositions emblématiques des nouvelles itinérances de la création contemporaine, celle de COLETTE GRANDGERARD, intitulée « Penser la Traversée »à la Galerie Brissot interroge, plus qu'elle n'en conteste les raisons, la problématique du voyage, celle du nomadisme , dont elle explore les différentes mobilités ( territoires, limites, équilibres ).Elle en aborde la réalité et leurs liens émotifs par la construction de leur « réel » poétique:
singulière spatialité des sculptures, confrontant l'excentricité de la figure de bronze à la force ( masse) centrifuge du verre . Allégorie du sac « Tati » soutenue par la performance danse, théâtre, clarinette et objets, ordinateur Omax, José Luis Sultan, Benjamin Levy, Jean Brice Godet .
Expressionnisme des dessins – craie sanguine et fusain- inspirés des chefs-d'oeuvres classiques « Le radeau de la Méduse » de Géricault.
Ces trois expositions ont en commun non point de défendre une posture critique face au monde social, mais bien d'induire une mobilité alternative de l'objet dans le processus créatif. Mobilité libératrice de valeurs nouvelles dans un espace-temps transfiguré.
liens vers ARMAN au Centre POmpidou
liens vers Carol DOVE au Palais de Tokyo
lien vers le blog de la galerie Brissot Art Contemporai